Fête d’anniversaire pour astronaute de 5 ans

*Ecarte les toiles d’araignée*

*Mets un petit coup de dépoussiérant*

*Ouvre les fenêtres en grand*

Hum, hum.

Coucou, y a quelqu’un ?

Comme tous les ans je viens me la raconter avec ma fête d’anniversaire qui n’a rien à voir avec la choucroute de la semaine, mais comme c’est environ la seule fois par an où je fais des gâteaux…

Cette année, mon grand garçon de 5 ans avait décidé à Noël, à réception d’un costume de cosmonaute, que son prochain anniversaire serait un anniversaire de l’espace. Moi je suis disciplinée comme garçon, on me dit « Fais un anniversaire de l’espace », je FAIS. Ca fait donc 3 mois que je suis sur Pinterest au lieu de travailler, mais on a bien rigolé, autant pendant la fête qu’à la préparer (enfin moi surtout)(Les enfants enfermés à la cave pour l’occasion – J’AVAIS DES TRUCS A FAIRE –  et Dawling qui devait se farcir toutes mes lubies, moins).

Les invitations

J’avais dit pas plus de 12 enfants, parce que les bricoles qu’on trouve en lots sont souvent par 6 ou 12. Comme de nos jours les gosses viennent aussi toujours par lots de 2 ou 3, j’avais invité 6 copains confirmés. J’avais oublié de compter mes propres enfants. Bon. Et là-dessus  des copains qui avaient dit non ont finalement dit oui. On avait donc 16 enfants à la maison.

Pour les invitations (et beaucoup d’idées de la fête aussi), j’avais tout copité ICI. Gros succès ! Imprimées sur l’imprimante chic du bureau (que l’assistante est venu me ramener car je les avais oubliées dans la machine), et collées sur du papier un peu cartonné bleu ou rouge. La police de l’espace s’appelle « Neuropol ».

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Changer ma maison en Houston Mission control

Recouvrir les cadres et affiches de papier noir et y coller des photos d’astronautes et de planètes (les photos de Pluton sont arrivées 3 jours trop tard, snif) – Mettre un gros drapeau américain à la fenêtre – Faire un grand panneau étoilé pour poser au-dessus de la table à victuailles – pendre des boules colorées au plafond. ET oublier de prendre des photos. Heureusement une autre maman en a pris une. Saturne fait un peu la gueule, c’est-à-dire que je me suis pris son anneau environ 867 fois en pleine face.

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Les activités de l’espace

Ne bougez pas, j’ai fait une check list (sur l’imprimante du bureau toujours):

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1/ La fusée

Je voulais une activité peinturlurage, et j’avais vu des fusées en carton sur le net. Comme je ne voulais pas dépenser tous mes sous là-dedans, j’ai voulu la construire moi-même à partir de cartons récupérés à la supérette du coin. Résultat : maintenant on m’appelle *the cardboard Lady* dans le quartier + entre la peinture, les boulons et le scotch de l’espace, j’ai économisé bien £5 sur le prix initial *fière*.

Je remercie La Pangoline de la NASA du Limousin pour le soutien et l’inspiration (pendant que la NASA de Belfort envoyait une saucisse de Morteau en orbite, chacun ses priorités hein).

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2/ Course de l’espace – j’avais prévu des «space hoppers », les gros ballons avec des antennes sur lesquels on saute (je fantasmais à mort sur ces engins, petite), mais personne n’a été tenté.

3/ Génocide d’extra-terrestre : on avait peint un chamboule-tout, je préserve les âmes sensibles, je mets la photo AVANT le drame:

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4/ Entrainement antigravitationnel : Le fameux trampoline, cadeau d’anniversaire du Wombat, je vous jure Monsieur le juge j’ai pris le plus petit du magasin. C’est bien un trampoline avec filet parce que quand ça sert pas pour trampoliner, ça fait cabane aussi.

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5/ Laboratoire de prélèvement de minéraux lunaires

L’idée du siècle: L’année dernière on avait investi dans une table de jeux à eau en forme de bateau pirate. Ça n’allait pas du tout, ça n’était pas raccord avec le thème, c’était insupportable. Je l’ai donc démonté, et recouvert de papier craft argenté, avant de le remplir de galets peints en argenté et de les recouvrir de sable. Et là je me suis dit, tiens, pour faire encore plus sable lunaire, je vais mettre des paillettes argentées dans le sable. A l’heure où je vous parle, les 5 pâtés de maisons alentours ainsi que tous leurs habitants, tout mon étage de bureau et la raie des fesses de tous les invités et de leur famille proche brillent de mille feux.

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6/ Chasse au trésor

Ma maman organisait toujours une chasse au trésor dans le jardin pour mon anniversaire quand j’étais petite, et celle de l’année dernière avait bien marché, donc nous nous sommes relancés dans l’aventure. Les Aliens nous avaient piqué nos bouteilles d’oxygène, il fallait toutes les retrouver pour rentrer à Houston. J’avais bricolé des bouteilles d’oxygène par code de couleur, fait des indices en mettant la photo de l’Alien fautif, et pour aider les participants (le mien par exemple, il trouverait pas un éléphant dans un couloir donc il fallait l’aider), j’avais mis des panneaux annonçant la présence desdits aliens un peu partout.

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Comme en Angleterre, les enfants repartent toujours chez eux avec un sac de rabaladis de foire, j’avais mis les boites avec les mini-cadeaux dans un gros carton  pour faire le trésor, et j’avais ajouté *gros succès*, des petits drapeaux américains.

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Et pour manger

Ah oui tiens, j’étais censé parler de cuisine à la base.

Sur la table du buffet, il y avait donc :

– Une salade de fruit extra-terrestre

– Des bonbons Starmix et des soucoupes volantes

– Des popcorns pas de l’espace mais après le désastre des paillettes dans le sable, j’avais pas envie de tenter la teinture de popcorns

– Des sandwichs étoiles

– Des biscuits étoiles (oui j’ai investi dans un set d’emporte pièces étoiles pour Noël, il faut bien rentabiliser, voyez ?)

– Des mini-muffins aux couleurs de l’Amérique

– de la jelly anglaise (obligé hein) de l’espace

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Et bien sûr, un gâteau fusée. Dans mes rêves les plus fous, je pensais faire la fusée de Tintin, mais ça s’est fini beaucoup plus simplement, rapport à mes compétences pâtissières proches de celles de la chèvre parkinsonienne. Ceci dit, au début y avait des petits (enfoirés) sceptiques qui me disaient « ouais, bon, on dirait un bateau, ton truc, maman de Wombat », mais après, on a compté à rebours et allumé des bougies fontaines, et là les gosses étaient tous SCI-ES. Nanmého.

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*Playlist de l’espace: Bande originale de Apollo 13 piste 8 : Launch Control – Les sons de la NASA – Compte à rebours avant lancement – Bande originale de 2001, l’Odyssée de l’espace : Ainsi parlait Zarathoustra (Richard Strauss) –  Bande Originale de Superman :  Main title (John Williams)  – Bande originale de Star Wars :  Imperial Attack (John Williams) – Bande originale de Apollo 13 piste 2 : Once Small Step – Musique originale du générique de la série Doctor Who (Ron Grainer) – Bande originale de Apollo 13 piste 1 : Main title  (James Horner) –Musique originale du générique de la série Star Treck (Mike townend)Bande originale de E.T. : Main title (John Williams) –  Bande originale de Star Wars : Main title  (John Williams). Bande originale de Toy story, Infinity and Beyond (Randy Newman).

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Edition *Menus de Noël* – drenka

Cette semaine, pas de menu hebdomadaire – on a pas mangé! – mais on vous raconte ce qu’il se passe dans nos assiettes pour les fêtes de fin d’année (Noël, pour nous). Il y a deux cas. SOIT, on est mince, galbée et vive, et on peut se rendre dans ma famille dans le Sud de la France pour se gaver comme des oies (RIP, le cuisseau galbé). SOIT on fait environ 136 de tour de bouée ventrale (et 147 de tour de poitrine), et vu l’imminence de la ponte, on est punie et on doit rester avec des barbares briton pour un Noël Victorien.

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  • Notre menu de Noël du Sud

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Dans le village de mes grands-parents, la tradition était un « menu blanc » de réveillon, maigre, avant la messe de minuit, sur 3 nappes blanches superposées, avec notamment des cardes et des escargots. Puis les vraies agapes le le lendemain, jour de Noël, avec une entrée, un plat de poisson, un plat de viande (généralement du gibier), du fromage, et les fameux 13 desserts. Aujourd’hui la messe de minuit est à 18h le 24 décembre (une des messes auxquelles j’aime bien assister parce qu’il y a une crèche vivante et une chorale d’enfants), et puis on rentre pour un repas copieux. Les deux repas sont du coup combinés (mais enfin pour le maigre on repassera). Voici donc les plats qui sont donc servis chez ma grand-mère au réveillon.

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*Foie gras marbré aux épices de pain d’épice: Le déveinage (?) et la cuisson du foie gras, c’est compliqué…. Du coup, ma mère en fait une terrine, et en back-up au cas où il y aurait un problème, elle réalise une recette de foie gras marbré avec laquelle on contourne les 2 problèmes. C’est un peu le même principe que la recette de foie gras marbré de Mercotte : Au lieu de cuire le foie gras dans la terrine, on le découpe en escalopes, on le poêle, puis on le mets en terrine et on le laisse au frigo. Comme Mercotte le recommande, il faut choisir du foie gras IGP extra, pour du canard de chez nous qui a eu de la place pour courir. Pour cette recette, avant de le remettre dans la terrine, ma mère roule les escalopes de foie gras poêlées dans un mélange d’épices à pain d’épice, puis elle fait une gelée parfumée aux épices et aux baies de roses pour tenir l’ensemble. Elle le sert avec du chutney de poire, figues sèches et dates.

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*Langoustes à l’Américaine: Ou lottes à l’Américaine quand on est vraiment trop nombreux, c’est le plat de poisson.

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*Chapon farci et Cardes : Maintenant que le grand-père ne va plus trop à la chasse, le plat de gibier est généralement remplacé par un chapon farci. Il est accompagné de cardes, reliquat du menu blanc d’autrefois. C’est un légume qui ressemble esthétiquement à du céleri mal dégrossi, avec un goût qui rappelle celui des artichauts (on l’appelle cardon dans la région lyonnaise). On les fait avec une sauce blanche, c’est à dire une béchamel parfumée aux anchois, à l’ail et au fromage.

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*Fromages: à ce stade, je crois toujours que je vais passer mon tour sur le fromage, et puis en fait non.

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*Les 13 desserts: C’est une merveilleuse tradition du Sud… La composition des 13 desserts n’est pas figée, on choisit un peu ce qu’on aime, mais il y a les grands classiques. La pompe à l’huile (une sorte de brioche à l’huile d’olive et à la fleur d’oranger, que le plus jeune de l’assemblée doit casser sur la tête du plus vieux), qu’on trouve de plus en plus difficilement, les 4 mendiants, qui sont des fruits secs (noix, amandes, noisettes, raisins), les dates, d’autres fruits secs (figues, pruneaux, abricots), des fruits frais (clémentines, oranges), le nougat blanc et le nougat noir, les pâtes de fruits, les marrons glacés, les oreillettes… Dans ma famille on ajoute du chocolat (souvent des papillotes, des orangettes, et des très régressives boules crèmes). Et puis inclue dans les 13 desserts ou pas, il y a la bûche. J’en avais réussi une pour la première fois en vue du pré-réveillon dans la famille de Dawling, il y a quelques années – je me suis dit CHIC, j’ai plus la malédiction pâtissière. Et cette année là, Dawling et moi, on est restés coincés chez nous par la neige. Autant dire que j’ai plus recommencé. C’était une bûche à la crème de marron et au cognac, elle tenait bien chaud. D’ailleurs boire la moitié de la bouteille de cognac en cours de préparation avait sûrement aidé à l’enroulage, d’habitude c’est un désastre…

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Ca a l’air bien, non? Bin cette année je peux bien me mettre tout ça sur l’oreille, on sera avec la famille de Dawling… Il faut que je trouve des idées, parce que les britons ne mangent pas de foie gras, qu’on ne trouve ni langoustes, ni chapon, ni cardes, ni orangettes, ni nougats, ni papillotes, and more importantly, NI BOULES CREMES. Non le menu traditionnel c’est plutôt:

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  • Le Noël briton victorien

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*Cocktail de crevettes : ce sont des crevettes (et de l’avocat si on a de la chance) noyées dans une sauce mayonnaise – ketchup – crème – Tabasco.  Mais Dawling peut plus tellement en manger parce qu’une fois, il était invité chez une vieille dame de la très haute société anglaise, dont le chat (de la très haute société anglaise aussi, apparemment) avait fauché les crevettes et s’en était gavé tellement vite qu’il avait immédiatement tout vomi dans l’évier. Elle avait passé tout ça sous l’eau, recouvert de sauce cocktail et servi genre mine que rien…

Une autre entrée traditionnelle est bien sûr le saumon fumé d’Ecosse (comme dit Eve, il faut le choisir bio!) qu’on sert sur des blinis avec un mélange crème fraiche, ciboulette, citron, raifort (horseradish).

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*Dinde farcie (aux saucisses) ou jambon rôti: Bon, bin moi, z’aime pas la dinde (et puis alors j’ai pas envie de mettre une dinde dans mon four et de sentir la dinde pendant 15 jours). Et le jambon rôti, non plus, je trouve ça trop salé. Les deux sont accompagnés de:

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*Choux de Bruxelles bouillis. TRUE STORY. J’ai pas besoin de commenter là-dessus, si?

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*Christmas Pudding: Il parait que quand c’est bien fait, c’est excellent. Hum. C’est un mélange de pain émietté, fruits secs de toutes sortes, bière amère, gras de bœuf (« suet »), épices de noël, et de brandy (sans doute pour faire passer le goût?). On mélange tout ça, on enferme dans un torchon, et on met à bouillir dans une grande marmite d’eau pour 7h. Avant de servir on refait bouillir 2H pour réchauffer, puis on démoule, on recouvre d’alcool, on met le feu et on sert avec la flamme. La bonne nouvelle c’est que ça se garde des mois, ouaiiiis, on a jamais besoin de le jeter.

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*Minced pies: Mince, ça veut dire viande hachée, parce que dans la recette originale c’était de la viande hachée de bœuf ou d’agneau, mélangée à des fruits secs et des épices (en gros on prenait tout ce qu’il ya de plus cher dans la cuisine et hop, dans la tourte). Thank God, maintenant on y met plus de viande. Au début je détestais ça, et puis maintenant, je me suis mise à aimer, avec un bon thé de Noël pour faire passer quand même…

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Brownies aux Betteraves du River Cottage

Dans cet article, mon amoureux secret Hugh Fearnley-Whittingstall raconte que quand il était petit, il ne voulait pas manger de carrot cake. Question de principe: Carottes = dégueu. Et puis il y a goûté et OH SURPRISE, c’était délicieux et ça n’avait pas le goût de la soupe aux carottes. En fait, la carotte est naturellement sucrée et donne de l’onctuosité, ce qui fait que les carrot cakes ne sont pas secs (sauf si c’est moi qui les fait, auquel cas vous pouvez assommer un éléphant avec mais brèfle). Et après plusieurs expérimentations, il s’est rendu compte que c’est le cas pour beaucoup de « root vegetables », (légumes-racines ??) (quelqu’un a vu mon Français? Nous sommes en train de le perdre). Il donne ainsi trois recettes: un cake anglais aux fruits secs avec des panais et carottes (Quick root and fruit loaf), un gâteau moelleux  au citron avec du potimarron (Butternut squash and honey drizzle cake), et enfin un brownies au chocolat avec de la betterave.

Tel que vous me voyez, normalement, je n’approche pas une betterave dans un rayon de 8km. MAIS il s’avère que j’ai goûté ces brownies à la Canteen du River Cottage d’Axminster (sans savoir ce qu’il y avait dedans), que OH SURPRISE, ça n’avait pas le goût de la soupe à la betterave, et que j’aurais vendu ma mère pour une autre part.

Attention, par contre, ce n’est NI un gâteau de régime (Dukan Vade Retro), NI un gâteau végan, ni même une façon de faire manger des betteraves à des gens innocents comme vos enfants. C’est simplement une façon de faire les brownies les PLUS MOELLEUX et le PLUS LEGER du monde.

Il faut (pour un moule à brownies de 20 cm x 30 cm – comme mon plat fait 20cm  x 20 cm,  j’ai fait à proportion de 2/3 i.e. j’ai mis Dawling à la calculette puis à la balance):

  • 250g  de beurre coupé en petits cubes, et un peu pour beurrer le moule
  • 250g de chocolat noir, cassé en petits carrés
  • 250g de sucre
  • 3 œufs
  • 150g de farine
  • Un demi-paquet de levure chimique (Hugh utilise de la « sel-raising flour », de la farine avec de la levure incorporée, mais je ne crois pas qu’on en trouve en France. D’habitude, quand je suis en France, je remplace par de la farine simple et à peu près un sachet de levure chimique pour 400g de farine).
  • 100g de noix
  • 250g de betterave, cuites, pelées et soit mixées pour une texture plus veloutée, soit râpées (je ne sais pas comment on les fait cuire, je les ai achetées sous vides et déjà cuites et je les ai râpées, on ne sentait pas les morceaux après cuisson).

On préchauffe le four à 170C, on garnit un moule à brownies de 20cm x 30cm de papier sulfurisé, et on beurre légèrement le papier (moi, soit je beurre, soit je mets du papier mais pas les deux *flemme*).

On met le beurre et le chocolat dans un saladier qui ne craint pas la chaleur, et au four en train de préchauffer. Après quelques minutes, on sort et on remue, puis on remet au four pour que ça finisse de fondre. On peut aussi faire la méthode traditionnelle au bain marie (ou la méthode feignasse par 20 secondes au micro-ondes).

Dans un autre saladier, on bat le sucre et les œufs jusqu’à obtenir un mélange crémeux. On incorpore ensuite le mélange chocolat / beurre. On ajoute la farine, puis les betteraves, et enfin les noix si on en utilise. On verse la préparation dans le moule.

On cuit pour 20 – 25 minutes: la pointe d’un couteau doit ressortir PAS complètement sèche – il faut faire attention de ne pas trop cuire le brownie (dans mon four, j’ai mis 25 minutes, c’était encore trop liquide, puis j’ai remis 2 fois 5 minutes et c’était bon – faut croire que mon four aussi est une feignasse, comme sa mère). Sortir du four et laisser refroidir assez pour pouvoir couper en carrés sans se faire de brûlure au 3ème degrés.

Selon qui vient, on révèle OU SURTOUT PAS ou pas que le bouzin contient de la betterave… Le piège est quasi invisible à l’œil nu / à la papille nue, hum.

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La star du « British Afternoon Tea », le scone

Le dimanche, en Angleterre, on a un choix cornellien. Soit on mange un petit déjeuner léger, pour aller se gaver dans un pub (ou chez mémé) de rôti du dimanche, Sunday Roast, soit on fait un petit déjeuner anglais, the Full English Breakfast (= bacon, eggs, saucisses, boudin, haricots blancs, tomates, champignons – trèèès léger), et on saute le repas de midi pour manger l’Afternoon tea entre 3h et 5h: du thé avec des petits sandwichs, des scones, et des pâtisseries. Si on a des soucis de fermage de son pantalon, on peut se contenter des scones seulement (raisonnable, la fille), et dans ce cas ça s’appelle le Cream Tea (parce que je veux bien être raisonnable mais il me faut quand même 200g de crème sur le scone hein).

Hier j’avais choisi l’option 2, et donc j’avais fait des scones, en utilisant la recette de Bea of Bloomsbury (dont j’avais parlé ici) (manger un Afternoon Tea chez Bea et mourir). C’était la première fois que j’essayais leur recette, tirée du livre Tea with Bea dont j’ai tiré la recette des cupcakes au chocolat. C’était le stress vu ma malédiction patissière ET que j’avais des invités français. J’étais un peu l’ambassadrice du scone, voyez, no pressure mais fallait pas se manquer. Bin RESULTS! Donc encore une fois je recommande ce livre:

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Il faut (pour 24 scones) (moi j’avais divisé par 2, et ça a fait 12 bons gros scones):

  • 600g de farine
  • 75g de sucre (blanc de base)
  • 1/4 de cuillère à café de sel
  • 5 cuillères à café de baking powder (levure chimique)
  • 240g de beurre coupé en petits cubes et froid
  • 2 œufs
  • 120ml de lait
  • 150ml de whipping cream (crème fleurette, ou crème à plus de 35% de matière grasse, mais moi j’ai pris de la crème fraiche et ça allait très bien)

Le livre insiste sur deux points: D’abord, il est important que le beurre ne fonde pas avant que l’on ait mis la pâte au four: S’il devient liquide, le scone sera lourd, alors que s’il se transforme directement en vapeur, ça fera un scone très léger. C’est pour ça que la pâte doit rester froide autant que possible avant cuisson. Ensuite, il faut empêcher que la farine se lie aux liquides en formant du gluten, qui rendrait le scone élastique. C’est à dire que surtout il faut éviter de pétrir la pâte et la travailler un minimum.

On mélange farine, sucre, sel et levure. Puis on ajoute le beurre en le roulant entre les doigts jusqu’à ce que ça ait la consistance de sable. On met le mélange au frigo pour 10mn.  

On bat légèrement  les œufs avec la crème et le lait, on mets au frigo pour 10mn. 

On préchauffe le four à 180 degrés (très important le préchauffage pour saisir le beurre).

On verse le mélange œufs dans le mélange farine, jusqu’à obtenir une pâte, en la travaillant le moins possible. La pâte est un peu mouillée et elle ne doit pas être élastique. On met au frigo 10mn.

On sort la pâte et on l’étale sur une épaisseur d’à peu près 1,5cm. On découpe à l’emporte-pièce rond (ou avec la forme spéciale scones). On choisit la taille qu’on veut entre 5 et 10cm, moi j’ai pris un emporte-pièce de 8cm de diamètre.

On dispose sur une plaque garnie de papier sulfurisé. Le livre dit qu’on cuit 8mn pour des petits scones, 10mn pour des gros. Moi j’ai fait cuire 10mn mais ce n’était pas assez, ensuite j’ai remis 4 minutes et c’était parfait – à tester selon le four:

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On sert avec de la clotted cream et de la confiture de fraise.

La clotted cream, c’est entre le beurre et la crème. En France, on en trouve difficilement mais on peut remplacer par du beurre, ou la faire soi-même. Il faut simplement  mettre de la crème fleurette (plus la crème est grasse, mieux ça marche) dans un pot qui résiste à la chaleur et au four, à 180 degrés pour 8 heures. La croute dorée qui se forme en surface est la clotted cream, ça a la consistance du beurre mais c’est plus crémeux. Le reste de crème dessous peut être réutilisée en cuisine. Je vous cache pas que c’est pas Dukan, hein.

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Macaronis & Cheese de Heston Blumenthal

Heston Blumenthal est un chef anglais complètement déjanté! Il s’inspire de la cuisine moléculaire du El Bulli (maintenant fermé, snif!) pour faire une cuisine qui est à 50% de la chimie. Il est par exemple l’heureux papa de la glace au bacon&eggs obtenue en plongeant la crème infusée au bacon dans de l’azote liquide. Et c’est le SEUL chef pour lequel la diffusion d’un programme de cuisine est souvent précédée par un avertissement: NE PAS REPRODUIRE CECI CHEZ VOUS, C’EST DANGEREUX! Un comble pour un programme de cuisine.

De toute façon, ses recettes ne me tentent généralement pas parce que son perfectionnisme rend ses recettes irréalisables (pas loin de 3 jours à temps plein pour faire the perfect Chili con Carne, bin moi je préfère qu’il soit moins parfait personnellement).

Mais dans le lot, il y a des conseils et des recettes qui semblent quand même valoir le coup d’être essayées. Et par exemple, sa recette de Mac&Cheese me tentait bien. Je l’ai donc essayée cette semaine, servie dans des ramequins individuels avec un bifteck:

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Il faut (pour 2 personnes):

  • 200g de macaronis   
  • 15ml d’huile de truffe (je n’en ai pas mis, Dawling est pas fan de truffe et puis c’est un investissement pour probablement ne jamais plus l’utiliser…)
  • 300ml de vin blanc
  • 300ml de bouillon de poulet (j’ai utilisé du frais mais on peut aussi le faire avec du bouillon type Maggi).
  • 80g de cheddar
  • 10g de maïzena
  • 80g de fromage frais (type Philadelphia ou St Morêt)
  • Un mélange fromage (moi j’ai pris du parmesan) et chapelure pour le dessus
  • Moi j’ai mis une poignée de persil.

L’idée d’Heston, c’est que si on commence la sauce au fromage des Mac&Cheese par une béchamel, ça risque d’avoir le goût de la farine et pas assez du fromage…

On met le vin blanc à bouillir jusqu’à ce qu’il ait réduit et qu’il ne reste plus que 30ml.

Pendant ce temps, on met les pâtes à cuire et on râpe le fromage. Une fois râpé, on le roule dans la maïzéna.

Quand les pâtes sont cuites, on les essore et on ajoute un filet d’huile de truffe (ou pas, donc).

Pour la sauce, on ajoute le bouillon au vin réduit, et on chauffe pour que ce soit assez chaud mais pas bouillant. On réduit le feu, on ajoute le fromage râpé et on remue doucement jusqu’à qu’il ait fondu dans la sauce. Attention elle ne doit pas bouillir! Une fois fondu on ajoute le fromage frais et on l’incorpore jusqu’à ce que la sauce soit bien lisse et brillante.

On mets les pâtes dans un plat à gratin, on recouvre de sauce (on ajoute éventuellement le persil), et par dessus le mélange chapelure, on fait gratiner au four 15mn.

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Alors bin, je ne suis pas convaincue! Ma sauce était un peu trop liquide, je trouve qu’on sentait trop le goût du vin blanc et que du coup, c’était un peu trop acide. Je pense qu’avec une béchamel, un peu de lait aurait atténué l’acidité… et je fais ma béchamel avec de la maïzena donc elle n’a pas du tout le gout de farine. Par contre je retiens l’idée du bouillon de poulet, sauf qu’il ne faut pas en mettre autant je pense!

Heston, je te mets juste la moyenne, 5/10!

 

 

Pâtes à la Carbonara et aux courgettes de Jamie Oliver

En 2006, toutes mes copines qui avaient le câble étaient folles amoureuse du « Naked Chef ». GROSSE déception quand j’ai compris qu’en fait, il n’était pas vraiment naked (nu), moi qui l’imaginais cuisinant les fesses à l’air avec juste un pti tablier. Pffff.

Mais enfin, ce naked chef, c’était Jamie Oliver, et il est quand même bien mignon, même habillé…

Cette recette m’a fait réaliser que je ne savais pas faire la sauce carbonara! Or, quand on la fait dans les règles de l’art, c’est bien meilleur! On peut voir l’originale en anglais ICI, avec un petit film pour voir Jamie à l’œuvre.

Il faut:  (toujours pour 2 1/2, 2 grands et un Pti Chat):

  • 2 courgettes (1 par personne mangeant des courgettes!)
  • 200g de Penne Rigate (ou tout autre style de pâtes, mais c’est plus facile pour mélanger avec des pâtes courtes – environ 100g par personne)
  • 2  jaunes d’œufs
  • 2 cuillères à soupe de crème fraiche ou de crème liquide
  • une demi-poignée (hum, précis ça!) de parmesan frais râpé finement (moi je remplace par du cheddar ou du comté si j’ai un casse-pied à table qui pense que le parmesan, ça a le goût de vomi – Coucou papa!)
  • 2 tranches de pancetta ou 50g de lardons par personne (ici on le fait avec du bacon mais il faut du « streaky » bacon, i.e. coupé dans le sens de la couenne, et je ne crois pas qu’on en trouve en France? On peut aussi prendre de la poitrine de porc coupée en petits cubes)
  • Jamie mets du thym, mais moi je préfère mettre une poignée du persil haché, c’est plus frais et donc ça contrebalance bien le salé du fromage et des lardons
  • huile d’olive, poivre, sel pour l’eau des pâtes
  • Jamie décore avec des fleurs de courgette, moi je n’en ai jamais trouvé ici!

En premier, on met les pâtes à cuire: La recette se fait normalement en moins de 12 minutes – le temps de cuisson des penne que j’utilise!

On coupe les courgettes en deux dans le sens de la longueur, et on racle au milieu avec une cuillère pour épépiner (si ce sont des bébés courgettes, pas la peine!). Puis on coupe en tranches assez épaisses, (de biais? Je sais pas si je suis claire, on peut regarder comment fait Jamie sur sa vidéo), de façon à ce que les morceaux de courgettes fassent la même taille qu’un penne.

On met à chauffer une grande poêle (35cm? Moi je prends carrément mon wok!) avec au fond un filet d’huile d’olive. Une fois chaude, on y jette la pancetta (ou les lardons) pour bien la saisir. 3mn plus tard, on ajoute les courgettes. On tourne régulièrement pour que tout ça dore bien et que les courgettes prennent le goût des lardons. Jamie poivre bien à ce moment-là, et il ajoute le thym, pas moi! On cuit jusqu’à ce que les courgettes soient bien dorées et attendries: Le salé de la pancetta leur tue toute l’amertume.

Pendant ce temps, pour la sauce carbonara, on mélange dans un bol jaunes d’œufs (qui resteront crus, la recette est donc malheureusement interdite aux femmes enceintes, j’étais verte!), Jamie met la moitié du fromage râpé, moi je mets tout! On met aussi la crème fraiche, et moi je poivre bien et j’ajoute ma poignée de persil (pas Jamie qui a déjà poivré et arrosé de thym  les courgettes). On mélange bien avec une fourchette, le fromage fond dans le jaune d’œuf et la sauce a une consistance assez liquide.

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Là, c’est le moment crucial: Il faut faire assez vite! On prélève une louche d’eau de cuisson et on égoutte les pâtes qui doivent être cuites al dente. On les ajoute dans la poêle avec les courgettes et la pancetta. On mélange bien (pour que les pâtes soient elles aussi bien recouvertes du jus au goût de pancetta!). On arrête le feu (très important, sinon ça cuit les jaunes d’œufs et on obtient des pâtes aux œufs brouillés :/). On ajoute la sauce carbonara et on mélange bien, et vite. On ajoute la deuxième partie de fromage si on suit la méthode de Jamie, et s’il n’y a pas assez de sauce on peut ajouter la louche d’eau de cuisson (moi je ne le fais jamais parce que j’ai peur que l’eau chaude cuise les œufs). La sauce doit être bien lisse et brillante.

Il faut servir immédiatement, car ça refroidit vite et la sauce épaissit trop si on attend!!

Steak and Ale Pie (tourte à la viande et à la bière anglaise)

A la demande générale (si si), voici la recette des Steak and Ale Pies, un plat TRES TRES anglais, et une valeur sûre si on arrive dans un pub un peu glauque et qu’ils ont ça sur la carte. Attention par contre à ne pas confondre avec « Steak and kidney pie », qui contient des rognons – personnellement je sus une chochotte des abats, j’ai jamais pu manger de rognons!

La recette est de James Martin, un chef que j’aime bien pour 2 raisons: 1. Il présente le samedi matin (toute la matinée, le samedi matin je suis  injoignable du coup), mon émission de cuisine préférée: Saturday Kitchen. 2. Il est du Nord, et le Nord de l’Angleterre, c’est un peu comme le Nord de la France, on a besoin de se réchauffer et donc pas peur du gras. Moins raffiné que nous, les gens du sud, extrêmement sophistiqués, qui cuisinons des petits légumes avec un petit filet d’huile d’olive, ahem. Mais bon, parfois, le gras, ça a du bon (#TEAMGRAS).

Il faut (pour 2 personnes):

  • 400g de viande de bœuf à braiser (à mijoter), on peut prendre du gite, du paleron, du collier, de la joue. Il faut un morceau un peu gras (mais pas trop filandreux si possible), le gras rend la viande fondante et donne bon goût à la sauce.
  • 25g de farine, assaisonnée de sel et de poivre
  • 100g de beurre (tu le sens, là, le mec du Nord? – Moi j’en mets au moins moitié moins!))
  • 1 gros oignon, émincé grossièrement
  • 1 gousse d’ail, pelée et hachée
  • 1 carotte, pelée et coupée en cubes moyens
  • Quelques champignons de Paris (pas obligé si on a un bébé casse-pied qui n’aime pas, mais sinon c’est vrai que c’est bon! A peu près 50-75g)
  • Du thym (moi je n’en mets pas sinon il y a des herbes dans le plat et mon fils ne peut pas le manger car il les confond avec des « bees ») (un peu comme les pluches de chaussettes dans le bain, ça le terrifie… le psychopathe parano-maniaque en herbe)
  • 1 feuille de laurier (ça on peut repêcher, donc je mets)
  • 200ml de bière anglaise (y a pas en France mais on peut prendre de la bière rousse, ou de la Guinness si on n’a pas peur de l’amertume, et sinon c’est aussi très bon avec du vin rouge hein – meilleur selon mes goûts, mais bref)
  •  250ml de bouillon de bœuf ou de pot-au-feu
  • sel et poivre
  • 1 jaune d’œuf
  • 150g de pâte feuilletée (je l’achète, je ne sais pas la faire!)

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On mets la moitié du beurre dans une cocotte, on roule la viande coupée en dés pas trop gros (l’idée c’est qu’on puisse manger sans couteau) dans la farine assaisonnée – c’est important la farine, c’est pour avoir une réaction de Maillard qui donne super bon goût à la viande, et puis ça épaissit un peu la sauce. Quand le beurre a fondu, on jette la viande pour la saisir de chaque côté (à feu vif).

Là, James Martin ajoute les légumes, moi je préfère sortir la viande avant, comme ça les légumes dorent bien dans le jus de viande. Une fois les légumes dorés, on déglace à la bière (ou au vin, si on est civilisé), on ajoute le bouillon et les herbes, on assaisonne (c’est là que je remets la viande). On couvre et on laisse mijoter à tout petit feu pour environ 2h, en ajoutant de l’eau si nécessaire. On peut aussi le faire à la cocotte-minute pour un temps de cuisson réduit (25 – 30mn)!

Quand la viande est presque cuite (on peut bien sûr la faire cuire la veille et la réchauffer, comme pour tous les ragoûts c’est même meilleur!), on préchauffe le four à 220 degrés (Thermostat 7?).

On ajuste l’assaisonnement de la viande, on ajoute le reste du beurre pour épaissir un peu la sauce, et on met dans un plat à tourte (moi je fais une tourte chacun, donc je dispose dans des ramequins). On brosse les rebords du plats avec le jeune d’œuf battu  pour que la pâte feuilletée adhère, et on recouvre de pâte feuilletée, en pinçant pour faire un petit bourrelet pour que ça tienne bien. On coupe le surplus, et peut faire des lignes de pâtes feuilletée par-dessus pour la déco avec les chutes, mais moi je ne m’appelle pas Caroline Ingalls, i.e. j’ai la flemme. On brosse la pâte feuilletée avec le jaune d’œuf (pas obligé mais ça fait plus jouli).  On enfourne pour 20-30 mn, jusqu’à ce que la pâte feuilletée soit dorée sur le dessus.

Si on est mariée avec un Dawling, il faut servir avec des petits pois.